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L'APNEE
(par crevette)

Quelques barotromatisme

Qu'est ce que l'apnée

Le site incontournable de l'apnée http://www.espritapnee.com/


L'apnée est un arrêt plus ou moins long de la ventilation. Dans notre cas elle sera aussi volontaire. Depuis toujours la mer attire les hommes, les fascinent. C'est pour cela que depuis la nuit des temps l'homme essaie de quitter la surface et d'atteindre les abysses. La façon la plus naturelle pour descendre au fond des océans est l'apnée. Actuellement on plonge pour voir des choses nouvelles ou seulement pour le coté sportif de la chose, la profondeur et la durée de l'apnée. Bien que l'on se sente comme un poisson dans l'eau ayant juste l'envie de respirer, on se rend vite compte que d'autres mécanismes physiologiques sont modifiés par l'apnée. Mais le modèle physiologique de l'homme est il comparable à celui des mammifères marins ? Pour répondre à cette question on va donc faire une courte présentation de l'apnée sportive. Puis on va ensuite montrer quels sont les réponses physiologique de l'organisme de l'homme à l'immersion. L'apnée, un sport qui fait évoluer notre corps dans un milieu physiquement hostile qui lui impose des contraintes auxquelles il répond par des adaptations physiologiques.


Les disciplines de l'apnée

•  L'apnée statique :

L'apnée statique est la discipline la plus basique de l'apnée. Elle consiste à tenir le plus longtemps possible sa ventilation.

Les qualités requises pour cette discipline sont un grand pouvoir de décontraction et une certaine force de volonté. Le mental est majoritairement responsable de la réussite de cette épreuve. Cette épreuve est réalisée couché tête dans l'eau pour un maximum de relâchement et est présente dans toutes les compétitions. Le record mondial est de 8mn58s.


•  L'apnée dynamique :

L'apnée dynamique consiste à parcourir la plus grande distance horizontale en apnée sous l'eau à faible profondeur. Les qualités requises sont une bonne technique de nage, une bonne glisse et une bonne technique de virage car on pratique cette discipline en piscine de 25 ou 50m. On réalise cette discipline en mono palme, bi palmes ou sans palme. Le record mondial est de 209m en bi palme.


•  Le poids constant :

Le poids constant est la discipline la plus pure de l'apnée. Elle consiste à descendre à la force de ces muscles le plus profond possible et d'en remonter avec les mêmes moyens. Cette discipline se pratique en mono palme, bi palmes ou sans palme et on remonte avec autant de lest que l'on est descendu. L'apnéiste doit donc gérer ses variations de flottabilité et aussi sa compensation. Le record avec palme est de -103m et sans palme de -80m.


•  L'immersion libre  :

L'immersion libre consiste à atteindre la profondeur la plus importante en se tirant sur un cable à la seule force des bras, à la descente comme à la remontée. Il y a donc un gros travail musculaire à fournir pour s'arracher de la surface ou décoller du fond. Cependant, comme en témoigne les records et paradoxalement à ce que l'on pourrait penser, l'immersion libre permet d'atteindre des profondeurs plus importantes qu'en poids constant, sans doute car elle est plus économique. L'apnéiste se relache d'avantage et se focalise sur sa compensation.

Record du monde: -102 m.



•  Le poids variable :

Le poids variable consiste à atteindre la profondeur la plus importante à l'aide d'une gueuse. La remontée s'effectue à la palme ou bien en se tirant à la corde de la gueuse. Comme sa discipline cousine, le no limit, le poids variable n'est pas présent en compétition. Le record du monde est de -136m.


•  Le No limit :

C'est l'apnée de Luc Besson et du Grand Bleu. C'est aussi l'apnée la plus sophistiquée, la moins « pure ». C'est elle qui permet d'atteindre les profondeurs les plus importantes. Elle consiste à atteindre la profondeur maximale à l'aide d'une gueuse puis de remonter avec un ballon gonflé d'air appelé parachute. La limite de cette apnée n'est pas la durée mais les problèmes de compensations qui sont liés à la profondeur. Le record du monde est de -209m.


La physiologie de l'apnée

a) La pression :

La pression est le paramètre physique le plus important dans l'apnée profonde. En effet plus on descend et plus la pression du milieu extérieur augmente (1bar tous les 10m). Il va donc y avoir des conséquences sur toutes les parties de l'organisme contenant de l'air à cause de la loi de Boyle/Mariotte :

Volume Initial x Pression Initiale = Volume Final x Pression Finale

Par exemple un ballon rempli d'air de volume 100litres aura comme volume :

50 litres à 10m, 33 litres à 20m, 25 litres à 30m etc....

b) Les conséquences de la pression sur l'organisme :

- Les poumons :

La pression exercée par le milieu extérieur va faire diminuer le volume pulmonaire de l'apnéiste tout au long de la descente. On voit donc très rapidement grâce à la loi de Boyle/Mariotte que le volume pulmonaire va arriver à un moment à son volume résiduel (moment où le volume respiratoire ne peut plus diminuer). Cela arrive aux alentours des 30m de profondeur. Les scientifiques dans le passé pensaient donc que l'apnéiste au-delà de cette limite imploserait. Mais leur théorie ne se basait pas sur la découverte du blood shift. (Transfert sanguin).

Le vide relatif attire, tout d'abord vers le thorax, une partie des viscères abdominaux, qui refoulent le diaphragme vers l'extrémité céphalique. Ce déplacement entraîne un afflux sanguin provenant des gros vaisseaux veineux et de ces viscères vers la circulation pulmonaire. Ce mouvement de fluide sanguin comble donc le vide relatif intra thoracique. On peu donc grâce à ce mécanisme dépassé le seuil des 50m et cela est prouvé par les records de profondeurs.

- Les voies aériennes et plus particulièrement le tympan :

La pression a les mêmes conséquences sur les voies aériennes (sinus, trompes d'eustaches, tympan) que sur les poumons. En effet le volume d'air contenu à l'intérieur de ces cavités diminue au cours de la descente. Mais c'est à l'apnéiste de compenser cette perte de volume pour éviter des accidents. La technique la plus connue et la plus accessible pour compenser consiste à se boucher le nez et a soufflé (technique de Valsalva). L'air sous pression passera alors par les trompes d'eustache et ira équilibrer les deux faces des tympans.


- La pression partielle :

La pression partielle gaz est la pression de ce gaz fonction de sa concentration (en %) dans le mélange gazeux. La pression totale est donc la somme des pressions partielles.

Par exemple dans l'air, à la surface la pression partielle de l'oxygène est de 0,2bar puisque la pression totale est de 1 bar et l'air contient environ 20% d'oxygène (20% x 1). On voit alors qu'à 30m la pression partielle d'oxygène sera de 0,8bar puisque la pression absolue augmente de 1 bar tous les 10m d'eau (20% x 4) La pression partielle d'O 2 sera donc plus élevée en profondeur que en surface. Une impression de bien être apparaîtra donc. On aura donc pas envie de respirer mais pendant la remonté cette pression diminuera. Et arrivé dans la zone des 10m (là où la pression est multiplié par 2), la pression partielle d'O 2 peut alors atteindre un seuil minimum critique et une syncope peut se produire. C'est le rendez-vous syncopal des 7m. C'est pour cela que la plupart des syncopes en apnée profonde ont lieu à la fin lors de la remontée dans les derniers mètres et non en profondeur.


c) La mise en « veille » de l'organisme :

La durée est le phénomène avec la profondeur important en apnée. Au cours du temps passé en apnée le corps subit des « modifications ».

On ne le pense pas mais ce n'est pas l'oxygène qui est le principal responsable de la rupture de l'apnée mais le taux de CO 2 élevée.

L'organisme pour éviter de produire du CO 2 et consommer de l'oxygène se mets donc en « veille ».

- La bradycardie :

Ce phénomène correspond à un ralentissement cardiaque. Cela à pour effet de diminuer la consommation d'énergie par les organes. Cette bradycardie est de l'ordre de 20 à 30% et est favorisé par l'immersion de la face. Mais ce n'est pas parce que la bradycardie est forte que l'on fera des records en apnée.

- La vasodilatation et la vasoconstriction :

Des études ont montré qu'il existait une redistribution du sang dans l'organisme. En effet les organes dits nobles (cur et cerveau) sont plus vascularisés durant l'apnée. Au contraire les muscles quant à eux subissent une contraction de leurs vaisseaux sanguins. Il semblerait alors qu'ils travailleraient grâce à la fermentation et non pas grâce à la combustion de l'oxygène. Cela provoque alors une production d'acide lactique que l'on ressent en fin d'apnée dynamique avec la sensation des jambes lourdes.

d) La syncope  :

Chaque année de nombreux apnéistes sont victimes de cet accident et y laissent parfois leurs vies. Cet accident arrive lorsque l'apnée est trop longue et que le taux d'O 2 dans le sang est trop bas. Le corps s'arrête donc de fonctionner pour économiser l'O 2 restant. Si une personne n'est pas là pour sortir le syncopé de l'eau, c'est la noyade car a un à un moment le cycle ventilatoire va reprendre (phénomène d'échappement).

Conclusion

Ainsi l'homme subit lorsqu'il est en apnée immergée de nombreuses contraintes. L'homme peut être comparé aux mammifères marins mais fait pâle figure au niveau de ses adaptations et donc de ses performances dans ce milieu. Seul un entraînement poussé permet à l'apnéïste confirmé de se rapprocher un peu plus du modèle physiologique parfait qu'est celui des mammifères marins.

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